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Mon âme par toi guérie

8 novembre 2013 par Jacques

Réalisé par François Dupeyron

Avec Grégory Gadebois, Céline Sallette, Jean-Pierre Darroussin…

Dans l’œuvre cinématographique de François Dupeyron la lumière céleste, est révélatrice souvent des disharmonies terrestres, les rayons du soleil apposent leur crudité sur des êtres humains assombris et désorientés. L’enjeu du film «c’est quoi la vie!» est de retrouver l’équilibre perdu entre le paysan et son milieu naturel sacrifié par la génération des pères: le soleil parfois, n’éclaire pas les hommes vainement, le fils surmonte la déchéance paternelle et parvient en considérant le monde qui l’entoure d’un œil nouveau à faire renaître la ferme abandonnée du grand-père à l’aide des vrais outils, la grâce et l’élan du cœur. «Mon âme par toi guérie» s’inscrit dans la même veine paradoxale: c’est sous un ciel radieux de bord de mer que les individus s’isolent et dépérissent.

Fredi (Grégory Gadebois) a ainsi hérité de sa mère défunte le don de guérir par l’imposition des mains, mais refuse de soigner les vivants sauf peut-être la couronne des arbres comme élagueur professionnel. Tel Jonas fuyant la mission divine, Fredi s’est enfermé dans une prison mentale traversée de violentes crises d’épilepsie, dont il n’échappe qu’au prix d’une épreuve. Un soir, sa moto percute un enfant. S’il échoue à sortir la victime d’un coma désespéré, son fluide naturel parvient à stopper l’hémorragie d’un usager d’une piscine et il devient guérisseur moyennant un retournement responsable. Il se heurte à Nina (Céline Sallette) une attirante jeune femme à la dérive tant sa personnalité s’est diluée à travers les projections de son défunt mari artiste peintre et qui comble le vide de son existence par une ivresse au champagne dans sa tournée quotidienne des débits de boisson. Comment retrouver dans le ressort cassé de l’existence, la confiance et l’humanité perdue et reprendre pied face au soleil qui invite à la joie!

mon âme par toi

A l’image du jour succédant à la nuit, François Dupeyron nous montre que chaque vie terrestre est parcourue de moments sombres où la villa luxueuse comme le mobil-home désertés par les sentiments, deviennent de sinistres tombeaux. La fausse convivialité des bars, la douce euphorie alcoolisée servent alors d’artefact. Comme pour les gueules cassées de «la chambre des officiers» une nouvelle donne n’est jamais exclue toutefois. Les protagonistes de «mon âme par toi guérie» qui se parlent, s’écoutent et se comprennent s’ouvrent à la tendresse et à la luminosité. Grégory Gadebois, rebouteux qui se révèle et prend confiance et Céline Sallette, prodigieuse en égérie détruite par l’alcool conjuguent une admirable qualité d’interprétation.

 

 

 

 


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