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L’épreuve

4 juillet 2015 par Jacques

Réalisé par Erik Poppe

Avec Juliette Binoche, Nikolaj Coster-Waldau, Lauryn Canny…

Ainsi que le démineur, le photographe de guerre entre dans la catégorie controversée des professions à risques. Comment trouver l’équilibre avec une vie familiale censée, quand au bout du sacerdoce humanitaire qu’exercent ces passionnés du sauvetage ou du témoignage sur la réalité des conflits, il y a le sacrifice possible de sa propre vie! Faut-il renoncer à sa passion pour se ranger à la vie ordinaire?

Comme démineurs de Kathryn Bigelow avait su révéler une certaine addiction de l’homme pour les situations professionnelles à hauts risques, l’épreuve d’Erik Poppe évoque aussi magnifiquement la passion d’une photographe de guerre internationalement reconnue, Rebecca (Juliette Binoche) pour les reportages  chocs dans l’épicentre des conflits armés les plus sanglants. A Kaboul les préparatifs d’un attentat suicide sont ainsi mitraillés jusqu’à plus soif,  l’appareil photo formant un écran protecteur de la tension qui s’accroît à mesure que le convoi emmène sur les lieux du supplice et de dévastation, une femme martyr bardée d’une ceinture d’explosif.  La conscience de la photographe ne se réveillant qu’ à l’approche du marché à la vue des enfants, futures victimes qu’elle tente d’écarter en tout dernier ressort du convoi mortel.

l'épreuve

Grièvement blessée dans l’explosion, Rebecca retrouve sa famille Irlandaise et son mari Marcus paisible biologiste marin qui la somme avec sa fille aînée d’abandonner sa profession, lassé de vivre dans l’attente angoissée. Le témoignage des souffrances humaines vaut-il le risque d’une vie! Rebecca ne se pose pas la question, armée de son précieux appareil au cœur du champ de bataille. En visite dans un camp de réfugiés Somaliens apparemment sécurisé, elle confie sa propre fille qui l’accompagne aux humanitaires qui s’effacent  quand éclate une effroyable tuerie inter-ethnique qu’elle photographie en gros plans!

Mais être témoin c’est aussi être voyeur, Rebecca prend tardivement conscience de l’horreur qui se déroule sous ses yeux en assistant de retour à Kaboul aux prémices d’un autre attentat suicide, celui d’une  fillette.

Juliette Binoche interprète avec intensité une professionnelle passionnée dont les reportages photos consacrés par les médias internationaux les plus prestigieux ne sont des performances qu’aux prix de risques toujours accrus mais dont les témoignages produisent des effets sociaux et politiques. Ainsi du camp de réfugiés désormais protégé par les autorités. Si l’acte de bravoure maternel fait depuis l’admiration de sa progéniture, le renom d’une situation professionnelle vaut-il durablement le sacrifice  de la vie privée! Erik Poppe ne tranche pas l’issue du dilemme qui hante le film même si on ressent le malaise qui s’empare de l’héroïne au vertige de la vie quotidienne, un décalage qu’éprouvait aussi le lieutenant James, démineur en Irak, de retour dans la vie civile…

 

 

 

 

 


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