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Drive

10 octobre 2011 par admin

réalisé par Nicolas Winding Refn
avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston
Américain – Action , Thriller
1h40 – produit en 2011

La mythologie de l’héroïsme imprègne et fascine les individus depuis les origines en raison du besoin d’identification à des modèles transcendants. Quelle différence de nature y a t-il entre un héros et un salaud pareillement courageux? Elle se rapporte à la cause défendue. Confrontés à la mort, truands et policiers ne seront pas couronnés de la même auréole rédemptrice, selon le degré de légitimité des motivations de ces acteurs!

La gestuelle héroïque a marqué de son empreinte aussi, l’histoire du cinéma, tant se révèle passionnante l’étude de son ambiguïté fondamentale, reflétant souvent la porosité extrême des frontières entre le bien et le mal. Quiconque possède des talents hors du commun doit en faire usage non pour lui seul, mais pour autrui. Le héros est celui dont le potentiel exceptionnel rencontre l’altérité. Tragique rencontre: le fort doit se sacrifier pour la survie du faible. Tel est le destin de John Russel (Paul Newman) dans «Hombre», chef d’œuvre de Martin Ritt.

«Valhalla rising» du Danois Nicolas Winding Refn, à la virtuosité glacée, explore aussi, le mythe du héros sacrificiel. Un guerrier Viking muet, véritable machine à tuer, accède à l’humanité pour la survie d’un enfant.

Mécanicien et cascadeur, le «driver» met son extraordinaire talent de pilote au service de truands convoyés sur les lieux de braquages et exfiltrés, en main de maître. Impavide dans l’action, sans attaches et sans nom, il est au volant, le prolongement mécanique de sa machine, échappant à tous les pièges, en courses furtives ou folles, dans la souricière urbaine de Los Angeles, les soirs de hold-up. Affublé d’un tee shirt crasseux ou d’un blouson à l’emblématique scorpion, il ressemble à Tintin, mais c’est une lame redoutable quand il croise un ancien complice.

Pour changer le sens d’une vie, il suffit parfois d’une interaction. Elle se produit quand le «driver» dépanne sa voisine et son petit garçon.

Comment accéder au bonheur terrestre quand on est un surhomme ?  La vie quotidienne est-elle compatible avec la violence absolue ? (Thème exploré avec autorité dans «The end of violence» par David Cronenberg). Pourquoi s’embarrasser du fardeau d’une veuve ou d’un enfant, véritables freins pour un génie du volant ?

«Drive» film de l’année 2011, réactualise avec une insolente maestria la mythologie tragique du héros grec. Ryan Gosling le «driver» réussit de surprenantes métamorphoses. D’un enfant meurtri, il ré-enchante le regard, redonne confiance et vitalité à sa voisine esseulée, déchaînant toute sa violence contre les truands et les poux, pour s’en aller comme Achille, mais au volant, vers son destin impérial.

 


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