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La part des anges

27 juillet 2012 par Jacques

Réalisateur: Ken Loach
Avec Paul Brannigan, John Henshaw, William Ruane, Gary Maitland, Jasmin Riggins, Roger Allam, Siobhan Reilly…

Au tribunal correctionnel de Glasgow, c’est le défilé ordinaire des délinquants surpris en flagrant délit, qui titubant sur une voie ferrée en activité, qui urinant sur la statue de Wellington, qui ayant volé un oiseau au super-marché ou qui, s’étant rebellé sur agent de la force publique. Chacun est condamné à des travaux d’intérêts généraux, le jeune récalcitrant en état de récidive pour acte de violence sur autrui, qui va être père, bénéficiant de la même clémence. Ce quarteron de chômeurs improbable s’essaie alors au bricolage, ici repeindre un foyer, là, nettoyer de ses tags un cimetière sous la houlette de Henri, un éducateur bienveillant, amoureux du bon whisky et qui offre à sa petite colonie pénitentiaire la visite récréative d’une distillerie avec séance de dégustation.

A Glasgow, dans les quartiers déshérités, on se bat à coups de poings de père en fils sans possibilité de rompre la chaîne de l’enfermement, à moins d’un portier, éducateur.

Henri introduit ses protégés dans l’univers particulier des caves où s’apprend l’art de la dégustation et le respect des millésimes, où le quidam côtoie le riche collectionneur et où un amateur peut se révéler capable de définir, au goût, les justes sensations. Robbie, le délinquant du groupe manifeste une véritable aptitude sensorielle, s’attirant l’attention d’un professionnel averti. Des lectures vont lui permettre d’améliorer ses bases.

Au nord du pays, un fût de Malt Mill, un produit rare et mythique va être mis aux enchères dans un antique château où nos compères ont l’idée de se rendre, revêtus du kilt ancestral, symbole de traditionalisme, pour donner le change et voler quelques bouteilles de cet inestimable crû.

La part des anges, cet alcool qui se volatilise des chais, sans enrichir les plus démunis qui le produisent, s’inscrit dans le sillon narratif des films de Ken Loach, peintre fidèle et minutieux de la classe ouvrière victime de l’hérédité des situations. Mais un ton nouveau, une allégresse apparaît avec la mise en scène des thèses résurgentes du saxon voisin, Robin des bois, presque une apologie. La redistribution d’ une part du butin est une absolue nécessité. Cette utopie est-elle accessible par d’autres voies que la fantaisie?


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