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The tree of Life

9 juillet 2011 par admin

De Terrence Malick
Avec Brad Pitt, Jessica Chastaing et Sean Penn
Américain – Drame, fantastique
Durée: 2h18
Produit en 2011
Palme d’or au festival de Cannes 2011

C’est un film ambitieux qui chorégraphie les relations passionnées d’une famille américaine et s’évade de l’ aventure temporelle vers celle du cosmos, où les éruptions volcaniques figurent les bouillonnements intérieurs, l’envol des nuages, la douceur maternelle, toute forme de vie étant l’ambivalence même, sous la menace de dangers mortels, du tyrannosaure affaibli il y a des millions d’années, au père mécanicien, sous la charge.

L’arbre est un puissant symbole familial, planté sur la propriété, plongeant ses racines dans la terre nourricière et s’élançant vers le ciel des imaginations fertiles, reliant les deux mondes, ses branches formant une fratrie, abritant les jeux de l’enfance.

Dépouillé de sa marque de fabrique, la virilité mutine ou la sensualité désinvolte, Brad Pitt incarne le père d’une famille de trois garçons, pur produit de son église et d’une idéologie de la réussite «ce que tu veux tu le peux!», aussi rigide qu’un tronc d’arbre et dominateur jusqu’à l’oppression. La férule paternelle est contrebalancée par la tendresse maternelle -la souplesse de la feuille protectrice- qui libère les espaces en l’absence du père.

Quand l’éducation est dévoyée, il faut lutter pour sa survie. L’aîné se rebelle et retourne à la figure du père, l’iniquité de ses préceptes: «tu me dis de ne pas t’interrompre mais toi, tu m’interromps tout le temps!» , le second semble touché par la grâce, révélant un don pour la guitare qui ne sera pas galvaudé par l’ambition et les frustrations paternelles , car l’adolescent meurt à dix neuf ans, et le troisième, s’efface et se tait.

«Tree of life» brille par sa narration des maraudes enfantines tantôt insouciantes, parfois inquiétantes, entre fascination pour le beau et le bien et attirance pour le mal et pour l’interdit.

Mais ce récit emblématique est entrecoupé de longues digressions esthétisantes formant une sorte d’opéra grandiose à la façon de Kubrick dans «2001, l’odyssée de l’espace», un récit cosmique qui tourne sur lui-même confinant parfois à l’évocation psychédélique, des images d’ une terre peuplée d’êtres désincarnés et flottants comme les pantins d’une secte, des images désaccordées du drame familial et dominées par la bande musicale, comme le reflet du chaos que portent en eux chaque individu, chaque génération!

Le rigorisme religieux et la flamboyance entrepreneuriale caractérisant la grande Amérique naissante débouchent sur la grande crise économique de 1929! La saga familiale s’achève alors dans une automobile en partance, toutes malles bouclées. Déchu de son piédestal, le «pater familias» mesure l’étendue de ses erreurs éducatives et les lacunes de ses sentiments affectifs. «Tree of life» bouscule bel et bien, les mythes fondateurs de l’identité américaine.


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