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La chasse

25 mai 2013 par Jacques

Réalisé par Thomas Vinterberg
Avec Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Annika Wedderkopp…

 

Munis de fusils à lunettes, les hommes du village se sont répandus dans la forêt traquant le daim élégant et Lucas (Mads Mikkelsen), apercevant le premier, un haut-bois aux aguets attentif et méfiant a tiré en pleine tête, renouvelant sans sourciller un rituel d’automne conclu par un banquet copieusement arrosé au couronnement du sacrifice, expression virile de la fraternité des chasseurs sur la dépouille du gracieux gibier.

Mais Lucas, visage émacié, lunettes d’intello, fantassin esseulé et combatif pour récupérer la garde de son fils après un divorce, est bientôt à son tour dans la fausse sérénité d’une petite ville, l’objet d’une sordide chasse à l’homme, prof déclassé, animateur trop singulier d’un jardin d’enfants, trop fragile de tendresse spontanée, trop investit dans la prise en charge affective de ses pensionnaires.

Il a suffit que Klara, la petite fille délaissée de son meilleur ami, amoureuse de leur complicité déchante et l’accuse d’avoir, projetant une image porno entrevue, montré son zizi dressé comme une trique, pour emballer le processus de l’exclusion, de la condamnation et de la mise à mort.

la chasse mere et fille

Comme dans l’affaire d’Outreau, la parole de l’enfant est sacralisée, les éducateurs s’avérant inaptes à déjouer l’imagination fantasmagorique de l’enfant, sa faculté de mentir effrontément pour demeurer le centre d’intérêt d’adultes relayant sans la moindre retenue la parole qui incrimine, sans réagir aucunement à celle qui disculpe. Victime d’accusations en rafales toutes démenties par l’enquête policière, Lucas relâché par la justice demeure le monstre absolu chassé des lieux publics et traqué jusqu’à son domicile. Et c’est en animal blessé qu’il tentera à l’église le soir de Noël de trouver le salut en réveillant une pulsion sacrifiée dans cette aventure, l’instinct fraternel.

la chasse amitié

Thomas Vinterberg signe un violent réquisitoire en dépeignant la quiétude trompeuse d’une petite ville aux pinèdes giboyeuses, inoffensive sous la neige mais si étrangement prompte à s’enflammer contre l’un des siens et à s’engager dans le tourbillon de la haine et de folie. Une petite ville au comportement totalitaire. Le propre jeune fils de Lucas, Marcus qui se pose en défenseur, est molesté et le chien de compagnie, massacré selon une mise en scène d’un autre âge. On frémit à l’idée que nul n’est à l’abri d’une rumeur et d’en subir le martyr.

Héros christique de cette histoire, Mads Mikkelsen ( puscher, le guerrier silencieux) traverse les épreuves d’un véritable chemin de croix, révélatrices d’un milieu preste à libérer jusqu’à la scène finale, ses plus noires pulsions contre un bouc émissaire!

 

 

 

 


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