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Cherchez Hortense

22 septembre 2012 par Jacques

Réalisé par
Pascal Bonitzer
Avec
Jean-Pierre Bacri, Kristin Scott Thomas, Isabelle Carré, Claude Rich…

La vie familiale de Damien (Jean Pierre Bacri) semblait aussi huilée que son séminaire d’initiation à la mentalité chinoise, une routine pour cadres commerciaux conquérants, jusqu’au grain de sable, la promesse à un couple d’amis, d’aider Zorica une jeune Serbe (Isabelle Carré) plongeuse de restaurant, menacée d’expulsion depuis son divorce. Une intervention du père de Damien, Sébastien Hauer (Claude Rich) Président de chambre au Conseil d’État suffirait à éteindre l’action publique, mais le Haut Magistrat demeure inabordable et le fils, tenu à distance par l’agenda et les lambris dorés du Palais Royal.

Les atermoiements de Damien qui échoue à tenir son engagement, le déconsidère un peu plus aux yeux d’Iva son épouse (Kristin Scott Thomas), metteuse en scène de théâtre toujours séduisante mais frustrée de ne plus se sentir regardée et admirée par un mari enfermé dans sa bulle ritualisée, son doux train-train, flanqué en soirée de ses vieux potes, amateurs de causeries et d’échecs. Victime de son propre narcissisme, la belle Iva s’ invente alors des passions aux forts relents théâtraux, dans les bras de ses jeunes acteurs.

Quand la couche, cet ultime rempart conjugal est désertée, la fausse harmonie de ce couple usé se lézarde brutalement, comme un ciel d’orage, sous le regard lucide, désabusé puis révolté de Noé, le fils unique au prénom prédestiné, livré à lui-même dans la tempête familiale.

Apparente comédie parsemée de bons mots et de situations drôles, «Cherchez Hortense» dresse en fait le portrait d’une bourgeoisie parisienne confondante de médiocrité, préoccupée uniquement d’hédonisme. Le Président Hauer et le Directeur de l’Office d’immigration, Henri Hortense, figurent deux sexagénaires lubriques, dont les hautes fonctions administratives autorisent toutes les jouissances, les meilleures tables de restaurants, ses desserts de glace au thé vert, ses éphèbes serviles toujours disposés hors service, à d’autres raffinements. La bisexualité en haut lieu est un signe de distinction. De telles pratiques escamotent tout ce qui fait lien, la famille, lieu de transmission. Damien et son père l’un comme victime et l’autre comme responsable sont les deux faces d’un même échec, à l’image de ceux consignés dans les traités du Docteur Freud.

Pascal Bonitzer dépeint en vérité, une société malade de son narcissisme et de son individualisme, au goût amer. Il révèle, des services au sommet de l’État dévoyés, incapables d’accomplir l’idéal pour lequel ils étaient conçus. Sous les ors de la République, un cas d’expulsion dramatique y est tenu par le mépris. Les familles bourgeoises se désarticulent, entraînant un questionnement identitaire valétudinaire. Bonitzer résout l’équation en cherchant pour le héros de cette histoire, un point d’appui, du côté négligé jusque là, celui du cœur.


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