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Intouchables

18 novembre 2011 par admin

réalisé par Eric Toledano et Olivier Nakache
Avec François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny

Français – Genre Comédie – 1h52

Richissime héritier mais veuf inconsolable, Philippe (François Cluzet), la cinquantaine,  ne circule plus qu’en fauteuil guidé depuis qu’un accident de parapente l’a rendu tétraplégique. L’art est devenu son seul refuge, mais c’est un être emmuré qui s’offre des tableaux abstraits coûteux, des concerts de Berlioz à domicile, et entretient une correspondance platonique avec une inconnue. Le handicap n’explique pas seul cet enfermement, la négligence aveugle pour sa propre fille, les accès de terreurs nocturnes où le rejet chronique des assistants de vie après quinze jours seulement de partage d’une intimité forcée. Aigri jusqu’à l’os, Philippe s’est enfermé dans une prison mentale conforté par un entourage lénifiant et aseptisé. Le déclic survient lors de sa rencontre avec Driss (Omar Sy) venu de sa barre de banlieue, faire antichambre dans le riche hôtel particulier pour décrocher non pas un job illusoire mais une attestation de recherche d’emploi nécessaire au rétablissement des indemnités de chômage. Or, dans la morne file des candidats au poste d’homme de compagnie, Driss tranche si fortement par sa décontraction vestimentaire et verbale, son sens de la vanne, son naturel désinhibé face au handicap, que le voilà bientôt recruté à l’essai.

Intouchables narre la rencontre de deux archétypes l’un grand noir et l’autre blanc mince, issus de la banlieue ou de la bourgeoisie, incarnant chacun une forme de handicap social. Il appuie sur des ressorts comiques éprouvés depuis «bienvenue chez les ch’tis» (le choc des origines), ou «les visiteurs» (le choc des lieux luxueux, une salle de bains et sa profusion de crème). Avec sa verve naturelle et son rire communicatif, Driss dynamite un à un les rituels compassés auxquels il assiste, à l’opéra, au concert où il substitue ses propres normes musicales, à la galerie de peinture où il parvient, dans une supercherie de conte de fée, à écouler une toile de son cru pour 11000 €. L’humour au second degré affleure quand l’impétrant détourne certains stéréotypes, comme la confusion simulée entre Berlioz le musicien et le nom d’un quartier de la banlieue parisienne. Décomplexé dans sa manière de conduire sur le périphérique en se jouant de la police de la route, ou de draguer sans vergogne l’autre sexe objet de toutes les gauloiseries verbales, Driss transmet à Philippe l’énergie vitale qui lui manquait pour surmonter les psychoses et l’isolement du patient. Tandem improbable pourtant inspiré d’une histoire vraie.

Un film tout public pour son humour branché, qui édulcore la réalité trop crue, glisse un voile pudique sur la sexualité des handicapés ou sur l’activité des caïds à l’ombre des tours et des barres et parvient grâce au duo performant des acteurs à donner corps à l’idée que les contraires peuvent se rejoindre. Mais un consensus dans une salle ne fait pas vérité au dehors… Intouchables n’a pas vocation à tenir lieu de manifeste en faveur de l’intégration des exclus et Omar Sy, célèbre à la télévision, n’est pas le porte drapeau des minorités visibles; Eric Tolédano et Olivier Nakache ne s’aventurent pas sur le terrain économique et politique, c’est l’affaire du bulletin de vote.


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