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Tous les soleils

2 avril 2011 par admin

De Philippe Claudel
Avec Stefano Accorsi, Clotilde Courau, Neri Marcoré
Français – Comédie

A l’image de son solex, à la peine dans les rues colorées et charmantes de Strasbourg, la vie d’Alessandro (Stefano Accorsi) aussi riche d’activités soit-elle, patine à force de répétitions. Car ce professeur de musique baroque passionné et correcteur plein d’indulgence pour ses élèves, visiteur de malade généreux, transmettant son amour des mots et des livres, membre fidèle d’une chorale et des parties de campagne entre copains, ce séduisant latin à peine quadragénaire, foisonne effectivement de gentillesse dans la vie sociale et d’énergie dans sa vie familiale tout en inspirant le sentiment d’une plénitude trompeuse..

Veuf depuis une quinzaine d’années, il couvre d’une attention enveloppante aussi bien sa fille Irina (Lisa Ciporiani) que son frère aîné Cramponne (Néri Marcoré) rappelé à ses devoirs sans grands succès d’ailleurs et réprimandé pour sa nonchalance de poète brouillon, de peintre anarchiste,   de  cuisinier espiègle en robe de chambre, pourfendeur du grand capital et de Berlusconi par dessus tout.  Mais le combat d’Alessandro pour imposer ses normes au huis clos des comportements familiaux  se révèle de plus en plus  attentatoire au libre arbitre de chacun, et l’adolescente qui étouffe, empêchée de vivre ses émotions, se révolte. Et si cette omniprésence du père dans la vie de ses proches, si sa boulimie de rencontres  platoniques, de rendez-vous amicaux occultaient pour mieux l’entretenir, une solitude affective profonde, jamais résolue depuis le décès accidentel de l’épouse, une tristesse jamais éteinte?

Aussi célébré soit-il, l’instinct grégaire d’Alessandro ne fera jamais disparaître le fantôme de son amour perdu, véritable frein au redéploiement de sa vie sentimentale.  Irina et son oncle vont donc s’employer à dénicher l’âme sœur, seule antidote à la panne récurrente des sentiments amoureux.

tous les soleils

Hommage aux comédies italiennes, «Tous les soleils» déborde d’ironie et de vitalité pour mieux souligner la nostalgie du temps qui passe. Il évoque ainsi la difficulté de ceux qui se sont emmurés à force de silences comme Agathe (Anouck Aimée), ou le besoin de se rapprocher les uns des autres,  à la chapelle, lieu de révélation des émotions pures. Sur les quais de la ville,  Agathe (Clotilde Courau) promène sa douleur orpheline et sa fragilité  lumineuse. Écrivain remarquable ( le bruit des trousseaux, le café de l’Excelsior, le Rapport de Brodeck, les âmes grises, la petite fille de M Linh sont des chefs d’œuvres), Philippe Claudel accorde aux livres – la Princesse de Clèves est montrée en référence- une place centrale dans de nombreuses scènes et tapisse les décors familiers des portraits de ses maîtres, Rimbaud ou Kafka… Dans un cadre provincial plein d’attraits, ces personnages que nous aimons, au fond nous sont proches .


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