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Parle avec elle

27 août 1997 par admin

De Pedro Almodovar
avec Javier Camara, Dario Grandinetti, Rosario Flores…
Espagnol. Genre : Drame
1h 52min. Produit en 2001
 Titre original : Hable con ella

A peine sortis de leurs ruptures sentimentales respectives, Marco auteur de guides touristiques et Rosa la matador vont prolonger le hasard de leur rencontre afin de conjurer le sentiment de solitude (ou les peurs symbolisées par le serpent dans la cuisine) et vivre une idylle brutalement interrompue dans l’arène : encornée par le taureau, Rosa est hospitalisée dans un coma qui deviendra fatal. A son chevet, Marco se lie d’amitié avec Benigno un infirmier attaché à la surveillance d’Alicia, une jeune danseuse accidentée de la route, dont il est secrètement amoureux. Benigno veut, c’est l’utopie du film, croire à la résurrection de sa bien aimée et parle avec ce corps inerte, lui prodiguant tous les soins, persuadé de parvenir ainsi à transcender les sortilèges du coma. Tandis que Marco demeure silencieux, emmuré dans sa peine.

Comment réagir face à l’être aimé, inconscient sur un lit d’hôpital ? Le film apporte deux réponses : se résigner à la mort toute proche ou croire aveuglément au sursaut de la vie !

C’est au cinéma, lieu de la confrontation avec nos fantasmes, que Benigno trouvera l’élixir de vie, l’inspiration du baiser qui réveille blanche neige. Dans un film muet, « l’homme qui rétrécit », un savant transformé en lilliputien trouve l’ultime refuge dans le vagin de sa fiancée, pour un retour aux sources teinté de désir de fusion originelle.

Enceinte, Alicia va déjouer tous les pronostics médicaux et se réveiller miraculeusement en accouchant d’un garçon mort né, pendant que Benigno est interné pour viol. Ignorant des conséquences de ce viol sublime, Benigno se suicidera.

« Parle avec elle » est un film qui célèbre la féminité, celle impétueuse, empreinte de masculinité, seulement domptée par la mort, ou celle emplie de douceur et de grâce et sauvée des pièges du monde mécanisé. Mais il est question aussi de la part de féminité en l’homme parfois touché jusqu’aux larmes. Almodovar excelle enfin à mettre en avant les gens de peu, les plus fragiles d’entre nous et ceux pour qui la vie semble un jeu d’enfant. N’ont-ils pas raison de manier l’utopie ? Désormais instruit, Marco saura infléchir les fils du destin en se tournant résolument vers Alicia.

Agissant tel un antidépresseur, « parle avec elle » dépasse la nostalgie et rétablit la confiance au processus vital.


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