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Omar m’a tuer

28 juin 2011 par admin

De Roschdy Zem
Avec Sami Bouajila, Denis Podalydès, Maurice Bénichou
Français – Drame, Policier
1h25 – produit en  2010

En 1991, ghislaine Marchal est découverte assassinée dans la cave de sa villa. Une inscription «Omar m’a tuer» écrite avec son sang sur la porte, envoie Omar Raddad, son jardinier marocain, en prison. Il sera condamné à 18 ans d’incarcération pour ce meurtre, par la cour d’Assises puis par la Cour d’appel, avant d’être gracié, 7 ans plus tard, par Jacques Chirac. Porté à l’écran par Roschdy Zem «Omar m’a tuer» décrit le processus policier et judiciaire qui s’abat sur le coupable désigné, un arabe illettré. Et pourtant les zones d’ombres ne manquent pas, les incohérences sautent aux yeux. De la sanglante dénonciation, au mobile supposé du crime (le vol), à la sauvagerie du meurtre, à l’absence de toute trace de l’assassin prétendu sur la victime, ou sur les lieux du crime.

Un écrivain parisien, Jean Noël Vaugrenard va se révolter contre cette justice sommaire et mener sa propre enquête, celle que les gendarmes n’ont pas su ou pas pu mener, au foyer d’une si riche héritière. Voltaire et l’affaire Calas, Zola et l’affaire Dreyfus, l’histoire se répète quand la justice n’est plus l’équité, il faut le talent d’un écrivain humaniste pour secouer le système judiciaire.

Deux vérités se font face, tout au long du film. Denis Podalydès incarne avec élégance l’académicien Jean Marie Rouart. Les étapes de son enquête à Nice alternent avec les séquences du procès dominé par Maurice Bénichou alias Jacques Vergès défenseur de Raddad, plus vrai que nature, verve acide comprise (« c’est la première fois que je défends un innocent »!). Comédien exceptionnel, Sami Bouajila (Omar Raddad) exprime à la perfection les tourments intérieurs de la victime toute désignée par les préjugés de notre époque. Toujours digne mais fragile, respectueux des règles, bon père et bon époux mais … analphabète et d’origine maghrébine! Alors coupable Raddad? C’est invraisemblable! Mais la justice, institution régalienne, peine tellement, comme à Outreau, à reconnaître ses erreurs !

NB : une demande de révision du procès fondée sur la découverte non exploitée de deux traces d’ADN masculines différentes sur le corps de la victime a été rejetée par la garde des sceaux Rachida Dati.


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