RSS Feed

Qui vive

20 décembre 2014 par Jacques

Réalisé par Marianne Tardieu

Avec Reda Kateb, Adèle Exarchopoulos, Rashid Debbouze…

Qui vive façonne le portrait d’un agent de sécurité toujours sur ses gardes à la porte d’un super marché, tenaillé par le doute à cause d’une mauvaise cravate, d’un excès de fermeté ou de mansuétude vis à vis des fraudeurs. Trentenaire, Chérif (Reda Kateb) est porteur d’un idéal plus élevé, signer après trois échecs, son entrée en école d’infirmiers. Pour l’heure, entre son désir de demeurer en phase avec ses potes de jeunesse, son identité passée et de faire triompher  ses aspirations individuelles, son identité rêvée, synonyme d’une incommunicable évasion, sa vie personnelle est plombée par sa situation sociale, hébergé chez les parents dans une cité qui l’a vu naître. Entre les immeubles HLM, certains baguenaudent le soir en bande, s’exercent aux menus larcins prélude à de futurs trafics, d’autres jouent au foot-ball porteur d’une image positive, à défaut de perspectives valorisantes. Chérif le doux, aimé des enfants dont il s’est occupé dans le cadre d’un petit boulot au Collège,  rencontre une animatrice du centre de loisirs Jenny (Adèle Exarchopoulos) une jolie artiste à ses heures, qui excelle au dessin et conçoit des animations sur ordinateur. Bonheur fugace, une bande de jeunes charrie le vigile sur son lieu de travail, reproche implicite d’une forme d’assimilation jalousée puis le provoque physiquement devant sa compagne, manière d’asservir à un processus de référence au quartier, la violence. Pour la défense de son intégrité sociale fragile, Chérif fait appel à son ami de toujours, un caïd  délinquant, Dedah ( Rashid Debbouze) capable de mettre un terme au harcèlement mais au risque d’enclencher un engrenage malfaisant.

qui vive couple

Les surfaces commerciales édifiantes parmi les pelouses au cœur de l’ancienne cité de transit réhabilitée, forment le symbole d’une société inaccessible. Braquer les enseignes, c’est prendre sa revanche pour qui a fait choix de sortir de la pénurie au moyen de la délinquance. Chérif lui, tente de s’insérer dignement ne fût-ce que par la petite porte. Mais, issu du même creuset que ses frères, il danse sur une corde raide jamais assuré de sa trajectoire, réussir haut la main son concours ou échouer menotté dans un commissariat de police! Et comment se comporter face aux plus jeunes qui menacent votre virile assurance, entravent votre cheminement et vous ramènent en arrière? Marianne Tardieu filme le parcours aléatoire d’un aspirant sincère à l’intégration sociale mais handicapé par le sentiment de n’être que le maillon faible de la chaîne. Reda Kateb visage ambivalent à la fois doux et marqué, incarne avec brio ce funambule plus à l’aise en survêtement qu’en costume, tourmenté par le choix des bonnes réponses aux enjeux professionnels. Sur le visage de ce grand comédien se lit ici toute la difficulté de devenir un lauréat, porteur des stigmates de la vie en « banlieue ».

 

 

 

.

 

 

 

 

 


Pas de commentaire »

No comments yet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *